Yan Giguère – Attractions

Une constellation poétique de vues urbaines et de jardins, rythmée par la texture et le format des images, structurée de condensations et d’enchaînements, tout entière modulée par les forces attractives…

Sylvain Campeau : Ce qui frappe le spectateur lorsqu’il vient voir une exposition de Yan Giguère, c’est cette manière très particulière que tu as d’aligner des images au format très différent et de les répartir sur le mur. On a même utilisé l’image de la constellation pour y faire référence. Qu’est-ce qui t’a amené à privilégier ce type de présentation?

Yan Giguère : Dès le début de ma carrière, j’ai eu l’idée de la constellation. Dès 1997, à Plein Sud dans l’exposition de groupe Antidote (la légèreté à l’œuvre). À l’époque, j’étais fasciné par l’idée que le temps, dans son déroulement, n’est pas constitué nécessairement d’une succession d’instants mais plutôt par le jaillissement simultané de ceux-ci. Le mode d’accrochage éclaté de la pièce  Ici et là  faisait référence à ce jaillissement. Par la suite, en 2001 pour Chavirer, je n’ai pas retenu ce système de présentation. La douzaine d’images exposées étaient toutes du même format et accrochées en ligne.

À B-312, dans le cadre de mon exposition Bienvenue, en 2002, le nombre d’images présentées était réduit à trois. À cette époque, je voulais que les gens regardent davantage les images que l’ensemble formé par leur assemblage. Mais, pour Choisir, en 2007, qui consistait en un véritable répertoire de portraits de ma conjointe (effectués sur une période de 15 ans), je suis revenu à ce type d’accrochage éclaté car justement, dans ce projet, le temps comme sujet était en avant-plan. Pour ce projet, je ne voulais pas créer un récit linéaire, biographique, soumis à un déroulement chronologique. Je voulais jouer avec la superposition des époques, avec la multiplicité des appareils employés pour créer les photographies et tabler sur la manière dont les images se renvoyaient les unes aux autres.

SC : Comment, concrètement, ce travail se fait-il?

Portfolio publié avec un entretien inédit mené par Sylvain Campeau. Suite et fin de l’entrevue dans la version imprimée du magazine.

Biographie de l’artiste

Yan Giguère se distingue sur la scène québécoise de l’art contemporain depuis le milieu des années 1990. Ses plus récentes œuvres photographiques ont fait l’objet d’expositions individuelles à la galerie Optica en 2009, au centre VU en 2008 et en 2002 et à la galerie B-312 la même année. Son travail, qui fait partie de plusieurs collections, met en évidence la poésie du quotidien dans des séries au fort potentiel narratif, se déployant sur les murs de l’espace d’accueil. Yan Giguère est coordonnateur de l’atelier de menuiserie du Centre CLARK. Il vit et travaille à Montréal.



Yan Giguère – Attractions

A poetic constellation of urban and garden views, synchronized by the texture and format of the images, structured by condensations and connections, all modulated by forces of attraction.

Sylvain Campeau: What strikes viewers when they go to see an exhibition by Yan Giguère is the special way you have of aligning images of very different formats and distributing them on the wall. It has been referred to as a constellation. How did you come to be interested in this type of presentation?

Yan Giguère: I had the idea of the constellation at the beginning of my career. It was in 1997, in the group exhibition at Plein Sud “Antidote (la légèreté à l’œuvre).” At the time, I was fascinated by the idea that time doesn’t necessarily unfold in a succession of moments; instead, moments may burst out simultaneously. The dispersed way that the piece Ici et là was hung refers to this sense of bursting. Then, for Chavirer in 2001, I didn’t use this presentation system. The dozen images displayed were all in the same format and hung in a line.

For my exhibition “Bienvenue,” at B-312 in 2002, I reduced the number of images presented to three. At the time, I wanted people to look more at the images than at the grouping as a whole. But for “Choisir,” in 2007, which consisted of a group of portraits of my wife (taken over a fifteen-year period), I returned to that type of dispersed hanging because in this project, time as a subject was in the foreground. I didn’t want to create a linear, biographical story, unfolding chronologically. I wanted to play with the superimposition of eras and the multiplicity of cameras used to create the photographs, and to highlight how the images referred to each other.

SC: How, concretely, is this work done?

Portfolio published with an original interview by Sylvain Campeau. See the printed magazine for the complete article.

Artist Biography

Yan Giguère has been a well-known figure in the Quebec contemporary art scene since the mid-1990s. His most recent photographic works were in solo exhibitions at Galerie Optica in 2009, Centre VU in 2008 and 2002, and Galerie B-312 in 2002. His pieces, which are in a number of collections, highlight the poetry of the everyday in series with strong narrative potential arranged on the walls of the exhibition space. He is the coordinator of the carpentry workshop at the Centre Clark. He lives and works in Montreal.

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