Les magazines et la création de la photographie moderne au Canada /
Magazines and the Making of Photographic Modernism in Canada

Quelles sont les images qui vous viennent spontanément à l’esprit lorsqu’on vous parle de la « photographie moderne au Canada »? Si vous connaissez la photographie canadienne du début du XXe siècle, les photos de John Vanderpant, photographe d’origine néerlandaise qui habite Vancouver et dont l’œuvre a fait l’objet d’une exposition à la Galerie nationale du Canada en 1976, vous viendront sans doute à l’esprit. Peut-être, penserez-vous aussi aux œuvres de Margaret Watkins dont il est question dans Seduced by Modernity, le récent ouvrage de Katherine Tweedie et Mary O’Connor. Mais si cette expression n’évoque pour vous aucune autre photo, ce n’est pas votre faute : l’histoire de la photographie moderne au Canada est, dans le meilleur des cas, encore vague et lacunaire.

Le « problème », semblerait-il, c’est que le Canada n’a pas engendré de personnalités de l’ordre de celles qui ont vu le jour notamment aux États-Unis, en Europe et en Russie. En clair, les Alfred Stieglitz, László Moholy-Nagy et Alexandre Rodtchenko – ces artistes qui ont eu une influence indéniable sur la forme et le caractère de l’histoire mondiale de la photographie moderne – ne sont pas nés ici et n’ont pas souvent visité le pays. De plus, les sources littéraires nous apprennent que les photographes canadiens qui avaient des aspirations artistiques travaillaient principalement dans les clubs de photographie qui tendaient à promouvoir une vision conservatrice des possibilités expressives du médium. Aussi, dans les années 1920 et 1930, les photographes canadiens réalisaient-ils toujours des photos dans la veine pictorialiste du XIXe siècle, alors qu’ailleurs, leurs collègues accueillaient à bras ouverts les possibilités créatives des nouvelles techniques photographiques. Néanmoins, on trouve l’esthétique ou le style de la photographie moderne dans les photos qui se rattachent à la culture populaire et qui sont reproduites en série, notamment celles des magazines.

[Suite de l’article dans la version imprimée du magazine. En vente partout au Canada et aux États Unis jusqu’au 30 janvier 2010.]

Biographie de l’auteure

Zoë Tousignant est doctorante en histoire de l’art à l’Université Concordia. Ses recherches portent sur la photographie moderne dans les magazines canadiens, de 1925 à 1945. Elle a publié des articles dans Ciel variable et dans Archivaria et elle est l’auteure d’un essai sur Jules-Ernest Livernois publié dans le catalogue de l’exposition Québec, une ville et ses artistes, Musée national des beaux-arts du Québec, 2008.



What images does the expression “photographic modernism in Canada” call to mind? If you are conversant with early-twentieth-century Canadian photography, the pictures of John Vanderpant, the Dutch-born Vancouver-based photographer who was the subject of an exhibition presented at the National Gallery of Canada in 1976, will likely be conjured. The photographic production of Margaret Watkins, which is featured in Mary O’Connor and Katherine Tweedie’s recent book Seduced by Modernity, will perhaps also pass before your mind’s eye. If no other images are summoned by the expression, the fault is not your own, for, as it now stands, the history of modernist photography in Canada can be described at best as vague and decidedly sparse.

The “problem,” or so it seems, is that Canada did not spawn photographic personalities on a par with those born, most notably, on American, European, or Russian soil. To put it bluntly, the Alfred Stieglitzes, László Moholy-Nagys, and Alexander Rodchenkos of this world – figures whose impact on the shape and character of the international history of modernist photography is undeniable – did not see the light of day here, nor did they visit much. According to the available literature, artistically minded Canadian photographers worked mainly within the institutional framework of camera clubs, which tended to promote a conservative view of the medium’s expressive potential. Whereas elsewhere photographers were, by the 1920s and 1930s, embracing the creative possibilities of the new photographic technologies, Canadians continued to make images in the nineteenth-century pictorialist vein. Nevertheless, the aesthetic or style of photographic modernism was present in Canada in the realm of the mass-reproduced popular-culture photograph, and it can be discerned especially in the context of illustrated magazines.

[See the printed magazine for the complete article. On sale throughout Canada and the United States until January 30th 2010.]

Author Biography

Zoë Tousignant is a Ph.D. student in art history at Concordia University. Her doctoral research concerns photographic modernism in Canadian illustrated magazines between 1925 and 1945. She has published articles in Ciel variable and Archivaria, as well as contributing an essay on the photographs of Jules-Ernest Livernois to the exhibition catalogue Québec, une ville et ses artistes, produced by the Musée national des beaux-arts du Québec in 2008.

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